Note du 07 août 2008

De Wikifle.

À lire

Les effacé(es) de l'Histoire (6 épisodes)

  • 1/6 Brunehaut, la femme d'Etat : Le corps torturé d'une femme, attaché par les pieds au dos d'un cheval, et bientôt disloqué par les coups de sabot de l'animal lancé au galop... A près de quatorze siècles de distance, Brunehaut, c'est d'abord la victime d'un supplice inoubliable de cruauté. Un supplice qui frappe une femme plus très jeune - elle a largement dépassé les 60 ans -, mais surtout une reine ayant exercé le pouvoir sur un immense territoire englobant l'est et le nord-est de la Gaule, au nom de ses descendants, pendant près de quarante ans. Un souverain enfin qui, bien que femme, se voit offrir une exécution d'homme d'Etat. Douteux privilège. Le Monde

  • 2/6 Pierre l'Ermite, le prédicateur : Il y a cent ans, en France, quiconque évoquait l'idéal de croisade en attribuait la paternité à un pauvre moine nommé Pierre. Obscur et simple comme l'apôtre qui reçut du Christ la mission de fonder l'Eglise chrétienne. Chacun suivait alors la leçon de Joseph Michaud, aux premières pages de son Histoire des croisades (1877) : "Ce n'était point le pontife de Rome, mais un simple cénobite qui, obéissant à la pensée de tout un siècle, devait donner le signal de la grande guerre de l'Occident contre l'Orient. Pierre l'Ermite, d'origine picarde (...), avait choisi pour dernier refuge la solitude du cloître le plus austère. Il sortit de sa retraite pour accomplir le pèlerinage de Jérusalem. L'aspect du Calvaire et du Saint Tombeau enflamma son imagination chrétienne ; la vue des maux que souffraient les fidèles excita son indignation. (...) En quittant la Palestine, il se dirigea sur l'Italie, se jeta aux pieds d'Urbain II, sollicita et obtint son assistance pour délivrer Jérusalem. L'Ermite, monté sur une mule, un crucifix à la main, les pieds nus, la tête découverte, vêtu d'une robe grossière, s'en alla de ville en ville, de province en province, prêchant sur les chemins et les places publiques." Le Monde

  • 3/6 Jeanne Hachette, la guerrière : Qui est donc Jeanne Hachette ? Celle qui doit son surnom à la petite hache dont elle se serait servie pour combattre, en 1472, Charles le Téméraire, à Beauvais - elle y a sa statue -, survit par son nom, donné à des collèges, à des centres commerciaux ou culturels, mais elle semble n'être plus qu'une image. Dans une récente biographie de Charles le Téméraire (1433-1477) due à Henri Dubois (Fayard, 2004), elle n'est pas mentionnée, fût-ce pour récuser son existence historique. Elle était pourtant, depuis des siècles, une héroïne. Jusqu'au cinéma, dans le film Le Miracle des loups, de Raymond Bernard, en 1924. Mais elle avait disparu dans la version tournée par André Hunebelle en 1961. Le Monde

  • 4/6 Bernard Palissy, l'expérimentateur : L'homme est en nage, hirsute, à moitié nu, diable rougi par le feu qu'il alimente sans relâche. Nouveau damné, il n'écoute et ne voit rien que l'ardeur du brasier. Comme le miroir de la flamme dévorante qui l'anime. Les voisins s'indignent de ce fou qui sacrifie ses meubles, démonte son plancher, oublie ses charges de famille - deux enfants, petits et tétanisés par la scène, font bien dans le décor, effacés par la fièvre paternelle. Qu'importe ! L'homme est obnubilé jusqu'à la possession par la clé du mystère scientifique qu'il entend percer. D'autres le soupçonnent même de quelque mauvaise action. Fausse monnaie ? La fournaise de sorcier le suggère, si on exclut la prémonition du bûcher promis aux suppôts de Satan comme aux hérétiques. Le Monde

  • 5/6 Robert Surcouf, le corsaire : S'il prenait l'envie, en cet été, de se livrer à un exercice de micro-trottoir en prononçant un seul nom en forme de question - "Surcouf ?" -, il est à parier que beaucoup, surtout parmi les plus jeunes, répondraient : "C'est un grand magasin de matériel informatique, avec son site." Mais encore ? Pour les plus anciens, ou les férus d'aventures : "un corsaire" sans doute, voire "un pirate". Quand a-t-il vécu ? "Probablement au XVIIIe siècle." A moins que l'on n'obtienne qu'un silence perplexe... Le Monde

  • 6 /6 Pierre Savorgnan de Brazza, l'explorateur : La première image est paradoxalement récente. Le mardi 3 octobre 2006, à Brazzaville, seule capitale d'Afrique à porter encore le nom d'un héros de l'ère coloniale, un mausolée reçoit les restes de l'explorateur dont le patronyme désigne toujours la cité congolaise. Transférée d'Alger, où elle reposait depuis plus d'un siècle, la dépouille mortelle de Pierre Savorgnan de Brazza, comme celles de son épouse et de leurs quatre enfants, fait ainsi un retour posthume qui divise l'opinion locale (coût de l'opération : 10 milliards de francs CFA, soit 15 millions d'euros) mais échappe au reste du monde. Comme l'épilogue négligeable d'une épopée obsolète. Le Monde

Les autres articles

  • Le retour du sandwich, par Laurent Greilsamer : Cet été sera sandwich. Oui, l'été 2008 renoue déjà avec cette odeur si particulière de la baguette coupée en long et garnie à volonté de jambon, de saucisson, d'un morceau de fromage ou de crudités. La nouvelle est-elle d'importance ? Non, bien sûr. Mais c'est l'une de ces nouvelles mineures qui révèlent dans la population un retour évident du sens de l'économie, de la considération attentive au prix des choses et de la tendance à vouloir vivre simplement. La halte gastronomique ou le festin sur la route des vacances ne sont plus de saison. On réserve ces agapes pour d'autres temps et d'autres lieux. Le Monde

  • Le tic-tac de l'horloge nucléaire, par Laurent Zecchini : Les diplomates occidentaux habitués des négociations avec les Iraniens le savent : une des facettes de la culture perse est l'art de ratiociner, d'ergoter à l'infini sur les détails sans jamais aborder le coeur du sujet. Pour gagner du temps. Ce jeu intellectuel pourrait être divertissant s'il ne s'agissait de l'horloge et de l'arme nucléaires. Or le temps qui passe comporte des risques. Bien des indices - le raid israélien du 6 septembre 2007 contre le réacteur nucléaire syrien d'Al-Kibar, les exercices aériens réunissant une centaine d'avions de combat de Tsahal en juin, les manoeuvres navales et les tirs de missiles iraniens en juillet - incitent à penser que le risque d'une confrontation militaire avec l'Iran ne s'éloigne pas. Le Monde

  • Les fêtes de divorce : En France, un mariage sur trois se conclut par un divorce. Pour transformer en événement festif ce moment souvent douloureux, une société se propose d’organiser votre divorce party. L’idée? Commencer une nouvelle vie, entourée de ses amis, une coupe de champagne à la main. Le Nouvel Observateur



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